BERRADA Salim et BERRADA Sidi
Mohamed
Le forum sur les OMD s’est déroulé du 31
Octobre 2008 au 2 Novembre 2008 et sous l’égide d’AIDE Fédération a
réunit des intervenants et des invités de différents horizons,
politiques, monde associatif, universitaires et plus globalement des
citoyens préoccupés par la réalisation des objectifs du Millénaire
pour le développement, venus pour rappeler et développer les
engagements liés aux OMD d’ici 2015, de mettre en œuvre des plans
d’action concrets et enfin de prendre des mesures pratiques,avec
pour décor de fond cette question : « Le Maroc est-il en mesure
d'atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement d’ici
à 2015 ? Échéance fixée par l’ONU.
Analphabétisme, pauvreté, corruption,
malnutrition, accès à l’éducation, inégalité entre les sexes… sont
quelques uns des fléaux que ces fameux OMD visent à éradiquer. Des
thèmes qui n’ont été le plus souvent qu’approchés compte tenu du
temps limité et de la grande variété des sujets évoqués. Ce forum
n’avait aucunement la prétention d’apporter des solutions à tous les
maux qui rongent le pays mais de confrontés des points de vue et de
créer le débat. Sur ce point : pari tenu.
Les invités prenant en masse la parole et
s’étalant sur des sujets aussi variés que sensibles se sentaient
plus que jamais impliqués. On parle avec ses tripes du quotidien et
des difficultés que chacun est amené à rencontrer en tant que
citoyen. Un auditoire qui s’est donc sentit plus que concerné et
fortement impliqué dans le débat à coup d’arguments, d’anecdotes, de
propositions… Un auditoire conquis par le thème est le plus grand
témoignage de succès de ce forum.
Rapport 2008 sur les OMD
Selon le rapport 2008 sur les Objectifs du
millénaire pour le développement (OMD), rien n’est encore perdu à
mi-parcours de la date buttoir (2015), contrairement à ce que
certains affirment. Cet optimisme se justifie par la grande adhésion
des acteurs de la communauté internationale aux OMD. Cet effort
collectif semble porter ses fruits aux regards des données provenant
des rapports fournis annuellement.
Des progrès considérables ont été réalisés dans
l’ensemble des secteurs des OMD. A titre illustratif le taux de
scolarisation dans le primaire est d’au moins 90% dans toutes les
régions sauf deux, tandis que l’indice de parité des sexes dans
l’éducation primaire est d’au moins 95% dans six des 10 régions
ciblées par les OMD. Le nombre de décès dus au VIH/Sida est passé de
2,2 millions en 2005 à 2 millions en 2007. Par rapport à 1990, 1,6
milliard de personnes supplémentaires ont accès à l’eau potable.
Enfin, l’objectif global visant à réduire de moitié, la pauvreté
extrême serait à la portée de l’ensemble des pays. Toutefois des
inquiétudes persistent quant à certains points des OMD, parmi
lesquels la mise en place d’un partenariat mondial pour le
développement.
L’aide publique au développement est plus que
jamais menacée. Pour la seconde fois consécutive, elle continue de
chuter, passant d’un record historique de 107,1 milliards de dollars
en 2006 à 104,4 milliards en 2006 et 103,7 milliards en 2007. Toute
chose qui découle de la réduction des dons au titre de l’allègement
de la dette. Pourtant les pays développés avaient pris l’engagement
d’augmenter l’aide aux pays en développement à 130 milliards de
dollars en 2010. Le non respect de cet engagement constitue une
menace pour les autres points des OMD en l’occurrence la réduction
de la faim dans le monde, la réduction de la mortalité maternelle et
infantile, etc.
La crise financière que traversent les pays
développés en ce moment, fait craindre à plus d’un, que l’aide
publique va continuer de dégringoler. Les ressources financières
devant être mobilisées pour appuyer les pays les moins avancés
risquent d’être détournées pour résoudre la crise dans le secteur
bancaire. Du coup, la crise alimentaire actuelle devrait perdurer.
Pour remonter la pente, les pays développés comme les moins
développés doivent en dépit de la grisaille économique, réunir des
ressources supplémentaires pour financer l’agriculture, le
développement rural, les infrastructures, la protection de
l’environnement. Mieux vaut tard que jamais.
BILAN CONFERENCE INTERNATIONAL SUR LES OMD A
DOHA – LE 2 DECEMBRE 2008
Le 2 Décembre 2008, lors de la conférence de
DOHA sur les OMD et le financement du développement, Nicolas
Sarkozy était le seul chef d’état des pays du G20, à s’être déplacé.
Aucune décision majeure n’a été annoncée à
l’issue de cette conférence internationale.
L’ONU est marginalisée sur les questions
économiques et financières. Seule satisfaction, pour le CCFD-Terre
solidaire : la montée en puissance de la lutte contre le pillage
fiscal des pays du Sud.
A Doha, Nicolas Sarkozy a déclaré « il faut
changer le monde, il faut changer le système économique du monde ».
Mais visiblement, on préfère en décider entre pays riches et
émergents. Les pays pauvres voulaient un sommet de l’ONU face à la
crise financière, qui va les frapper de plein fouet. Les Etats-Unis,
l’Union européenne et le Japon s’y sont
opposés.
« Pour sauver les banques, les chefs d’Etat des
20 pays les plus riches sont capables de monter deux sommets en
quelques mois et de mobiliser plus de 3 000 milliards de dollars.
Pour sauver la moitié de l’humanité qui se partage moins de 1% de la
richesse mondiale, on envoie les ministres du développement en
s’assurant que la conférence ne débouche sur rien de concret ».
Les gouvernements du Sud, bloc complètement
hétérogène qui parle sous la bannière unique du G77, ne rendent pas
forcément service à leur population. Les dictateurs veulent éviter
toute mention aux « droits de l’homme » ou à la « gestion
transparente des revenus pétroliers ». La Chine refuse toute idée de
régulation sociale ou environnementale.
Seule source de satisfaction : la lutte contre
la fraude fiscaleLa fraude fiscale coûte chaque année entre 350 et
500 milliards de dollars aux pays du Sud. C’est 5 fois l’aide qu’ils
reçoivent des pays riches. En cause : les multinationales et les
paradis fiscaux. Le sujet était absent à la conférence de Monterrey
sur le financement du développement, en 2002. A Doha, la nécessité
de combattre la fraude fiscale est reconnue. L’Union européenne
s’engage en outre à « combattre les paradis fiscaux.
A votre service
Salim BERRADA
Sidi Mohamed BERRADA